Charlotte de Beyond The Bridge | Berkeley, CA

Golden Gate Bridge
Pinterest Charlotte Beyond the bridge

Retour dans notre série des interviews des expatriées! On en est à la cinquième maintenant (Caroline, AurélieGéraldine et Miaritz) et on repart sur la côte Ouest et en Californie mais cette fois ci on part dans le Nord de la Californie et plus particulièrement à Berkeley, banlieue de San Francisco, bien connue pour son université. Charlotte a créé le blog Beyond The Bridge pour parler de son expatriation en Californie et a été rejointe il n’y a pas longtemps par Jennifer qui elle vit à New York! Charlotte est journaliste de métier, son blog a donc une toute autre saveur que les notres, car ne nous le cachons pas, malgré nos métiers liés à la communication pour certaines d’entre nous, nous ne sommes pas des journalistes professionnelles. Je vous conseille donc vivement d’aller voir son blog, et je lui laisse la parole pour qu’elle vous en dise plus sur son expatriation!

Charlotte Beyond The Bridge

  • Quelle est ta ville d’origine? Je suis de Colombes, une ville des Hauts-de- Seine, tout près de Paris, en France.
  • Quelle est ta ville de résidence actuelle? Je vis avec ma petite famille à Berkeley, une ville à l’Est de la Baie de San Francisco. Entre collines et océan Pacifique, avec vue sur le Golden Gate Bridge.
  • Dans quelle(s) ville(s) as-tu vécu au cours de ton expatriation? C’est ma première expatriation. J’ai travaillé ponctuellement à l’étranger et beaucoup bougé mais je n’avais jamais vécu dans un autre pays avant !
  • Quel type de visa as-tu et quelle est sa durée? Nous avons un visa E2, qui est un visa d’entrepreneur valable 5 ans. Renouvelable tant que tu respectes les conditions d’obtention. C’est mon mari qui a décroché ce visa dans le cadre du développement de sa start-up française aux États-Unis. Il me permet de travailler, ce qui était une condition au départ.
  • Quand as-tu déménagé aux Etats-Unis? Nous sommes arrivés en Californie en juillet 2015.
  • Quel était le motif de ton expatriation? Le boulot, enfin celui de mon mari !
  • Quelle est la date de fin prévue de ton expatriation? Rien de prévu ! Cela dépendra de comment on se sent, du business et de nos envies…
  • Quels sont tes projets à la fin de ton visa? Il reste 3,5 ans sur le visa alors on a surtout des projets pour avant la fin du visa ! Après, si retour il y a, on pense juste ne pas rentrer sur Paris. Explorer encore, ailleurs, Bordeaux par exemple 😉
  • Que faisais-tu avant de venir vivre aux Etats-Unis? J’étais journaliste : pour des productions de télévision et des magazines de presse écrite jeunesse. J’étais également étudiante (j’avais repris des études de psychologie à distance).
  • Est-ce la première fois que tu vis à l’étranger? Oui ! J’ai travaillé à l’étranger mais après quelques jours ou semaines sur place, je rentrais chez moi.
  • Que fais-tu maintenant aux Etats-Unis? Je reste journaliste ! J’ai repris la pige freelance avec des collaborations avec des médias français (TV ou presse magazine), j’ai des projets de livres et j’ai lancé un site de chroniques liées à l’expatriation : http://www.beyondthebridge.fr. L’idée est de partager mon expérience, de donner des conseils pratiques et d’incarner les nouveautés avec curiosité, sincérité et humour ! L’expatriation me permet de donner plus de temps à l’écriture.

San Francisco from Coit tower

  • Quelles sont les plus grosses difficultés que tu as rencontrées en arrivant aux Etats-Unis?

1. Les horaires locaux en soirée : le dîner très tôt, voire à la place de notre goûter, vers 17h30-18h et le dodo à 22h… Je n’ai toujours pas réussi à adopter ce rythme
2. L’administratif : les formulaires à remplir pour obtenir quoique ce soit, les dossiers pour rencontrer des assistants de médecins quand t’es malade ou les nombreux papiers pour un job dans une boîte américaine… Bref, toute la paperasse qui, dans une autre langue, est encore plus complexe.
3. La communication qui accompagne le choc culturel. On s’imagine maîtriser l’anglais et les codes locaux parce que l’on regarde des séries télé en VO ou que l’on a fait 15 ans d’anglais dans notre vie mais c’est bien plus subtil. Les « Small talks » par exemple ces petites conversations toutes simples sur des sujets comme la météo sont ici primordiaux… J’ai mis du temps à les intégrer.

  • Quels sont pour toi 3 avantages de la vie aux Etats-Unis?

1. La positive attitude. Dans l’esprit très californien “sky is the limit” ou “make the world a better place”. 😉 Ici, chacun est comme il a envie d’être.
2. L’espace. On bénéficie ici d’un environnement naturel très riche, immense et tout proche. Et bien sûr, tout va avec. Les balades, les structures sportives, les bâtiments, le stationnement etc. On part en escapade souvent et ça procure un fort sentiment de liberté.
3. L’ouverture sur les différentes cultures et leur intégration. Berkeley est une ville aux religions, aux communautés et aux coutumes nombreuses qui co-existent bien.

 

  • Quels sont pour toi 3 désavantages de la vie aux Etats-Unis?

1. Bah le contexte politique actuel… Je ne suis même pas américaine mais ne peux pas rester de marbre avec un Trump aux manettes. Ses valeurs sont très loin de celles que je nourris et ses décisions affectent de très nombreux proches ici. Beaucoup pensent Trump = les États-Unis mais c’est loin d’être le cas.
2. L’éloignement. On est à 9 heures de décalage de la France sur la Côte Ouest, 11 heures de vol et ça fait loin. Trop loin. On voudrait que tout le monde puisse débarquer et rentrer quand bon nous semble…
3. Les tarifs… On a le sentiment que tout est cher. Et c’est une réalité surtout dans la région de la Baie de San Francisco qui est un coin des USA les plus élevés en terme de loyer en ce moment. Des études récentes ont d’ailleurs passé la ville devant NYC en terme de coût de la vie.

  • Quelles sont les 3 choses qui te manquent de France?

1. Les retrouvailles familiales autour d’un bon dîner.
2. Tous les petits moments de vie partagés avec nos potes et amis.
3. Marcher des heures dans Paris.

  • Quelles sont les 3 choses qui te manqueront quand tu rentrera en France?

1. La positive attitude.
2 Les longs moments à regarder le Golden Gate Bridge face à la Baie.
3. La lumière intense et spectaculaire, des tons brumeux de l’été au soleil éclatant de l’automne.

  • Pourquoi as-tu choisi de vivre à Berkeley? À vrai dire, on n’a pas vraiment choisi… Mon mari souhaitait implanter sa start-up à San Francisco suite à quelques rencontres pros déterminantes puis le reste s’est fait comme ça. On a trouvé une école bilingue qui nous plaisait sur Berkeley, on ne connaissait rien de la ville si ce n’est la réputation de son université et c’est tout. Mais le hasard fait bien les choses, on l’a complètement adoptée !
  • Dans quelle ville ou Etat auriez vous aimé vivre et pourquoi? NYC, en mode sans enfants pour profiter de la richesse électrique et magnétique de ce qu’offre cette ville. Mais bon, on a deux petits bouts alors la Californie est un excellent point d’ancrage. Je dois avouer que peu de villes m’attiraient avant de venir… Je suis plus ouverte aujourd’hui et dans le même État, Oakland, Los Angeles, pourquoi pas ! Mais ici, je ressens que l’on est au bon endroit !

Maintenant qu’on en sait plus sur toi, dis nous en plus sur Berkeley pour ceux qui aimeraient y aller.

  • Caractérise Berkeley en 3 mots: Lumineuse, étonnante et tolérante
  • Quels sont les points positifs de la vie à Berkeley? 

1. Une position idéale : à 20 minutes de San Francisco, en pleine baie et pleine nature.
2. Une offre culturelle touffue (concerts, cinémas, théâtres, performances, conférences, expos…)
3. Le brassage des cultures et des histoires qui s’épanouissent dans l’Histoire d’une ville contestataire et libre.

  • Quels sont les points négatifs de la vie à Berkeley?

1. Sans voiture, c’est difficile de pouvoir bouger. Il y a des transports en commun et de nombreuses pistes cyclables, mais entre l’étendue de la ville et les collines, la voiture est nécessaire.
2. Les cuisines des restos ferment trop tôt. Berkeley est une ville étudiante avec une importante université mais dès 21h30, ça se complique pour trouver où dîner.
3. Le marché de la location immobilière est trop cher et tendu.

  • Quel est le climat à Berkeley? Très tempéré toute l’année avec peu de variations extrêmes. J’ai une amie qui assure qu’il y a toujours un moment de la journée où il fait 16 degrés et ce n’est pas faux ! Globalement, c’est très ensoleillé et agréable avec une petite brise marine. Après 4 ans de sécheresse, l’État a connu de grosses pluies l’an passé avec El Nino et cet hiver. La Baie de San Francisco compte par ailleurs de nombreux micro-climats mais à Berkeley, l’hiver, les températures descendent à 10 degrés et l’été, elles peuvent monter au-delà de 25. J’apprécie vraiment la qualité de l’air et ce climat tout doux.
  • Quel est le prix moyen d’un logement à Berkeley?  Trop élevé ! J’ai d’ailleurs traité le sujet sur mon blog, c’est parfois exorbitant ! Pour notre famille, avec trois chambres, dans Berkeley, il fallait compter un minimum de 4500 dollars… Et on a rien trouvé !
  • Quelle est une spécialité culinaire de Berkeley ou la Californie? La cuisine locale s’inspire beaucoup des cuisines du monde. La Californie offre une fusion très intéressante de cuisine asiatique et mexicaine. Beaucoup de mélanges détonants, sucré/salé, du vegan, beaucoup de légumes (ici on mange plutôt pas mal car on trouve de nombreux produits de qualité) et des spécialités de la mer (crabe, huîtres…).
  • Quels sont les endroits à visiter à tout prix à Berkeley et ses alentours? 
    • Le golden Gate bridge, un incontournable. Majestueux, impressionnant au cœur d’une nature superbe. Le passer et faire la route qui le surplombe pour un point de vue à couper le souffle ou aller sur une plage comme Baker Beach qui se termine sur une vue unique sur le pont.
    • Alcatraz parce que vous prendrez le bateau dans la baie pour rejoindre l’île, parce que c’est une visite passionnante et parce que c’est c’un bout de l’histoire du pays.
    • Les Filbert Steps, des escaliers à flanc de colline qui, à quelques minutes du centre de San Francisco et d’Union Square, permettent de découvrir des petites maisons surplombant la Baie, de voir des perroquets, de goûter à la tranquillité de la ville et qui débouchent à la Coit Tower, un monument qui surplombe toute la ville.

Filbert steps San Francisco

  • Quels sont tes 3 restaurants/bars préférés à Berkeley? 

La scène foodie locale est passionnante et foisonnante… Dans le lot de ce qui m’entoure, je choisis :

1. Commis à Oakland, l’une des meilleures expériences culinaires de ma vie ! Gros budget mais nouvelle gastronomie audacieuse, avec des proportions équilibrées et des explosions en bouche. Petite salle.
2. A Berkeley, chez Pannisse est une institution montée par Alice Waters, fervente défenseure de la slow food. Cuisine californienne avec influences européennes et produits locaux.
3. Quand j’ai une envie d’un petit plat cuisiné comme chez nous avec une ambiance brasserie, je me réfugie au Café Bastille, à San Francisco et je savoure un hachis Parmentier comme l’aurait préparé ma Mamie. Tellement réconfortant.

  • Est-ce que tu t’es intégrée facilement à Berkeley? Oui ! Nos voisins nous ont d’abord accueilli avec sourire et chaleur. On a été invités par le réseau de la rue qui s’est peu à peu élargi aux collègues américains de mon mari et à celui des parents de l’école bilingue de nos enfants ! Nombre de copains ont pris le temps de partager leurs adresses, leurs bons plans, leurs expériences, de précieux atouts à notre arrivée. C’était un peu en mode lune de miel.
  • Y a-t-il beaucoup de français à Berkeley? Oui… La Baie de San Francisco compterait une communauté de quelque 70 000 français. A Berkeley, c’est plus restreint mais il est fréquent d’entendre parler français en faisant ses courses, au parc ou dans la rue. Sans compter que les gens sont ici très francophiles.

Charlotte Beyond The Bridge

Merci Charlotte d’avoir répondu à toutes ces questions! Vous pouvez retrouver plus d’information sur son blog Beyond the Bridge
https://beyondthebridge.fr/