Partir vivre à l’étranger, le plus gros désavantage

Partir vivre à l'étranger, le plus gros désavantage
Partir vivre à l'étranger, le plus gros désavantage Pinterest

Lorsque j’avais écrit le premier article sur les désavantages de l’expatriation aux Etats-Unis, un sujet dont je n’avais pas parlé est beaucoup revenu dans les commentaires. Un sujet dont je n’avais pas parlé car pour moi il coulait de source, mais en lisant les réactions, je me suis rendu compte que nous avions un point de vue différent sur le sujet, un degré d’intensité différent concernant ce désavantage. Même si pour nous tous il est omniprésent, il est vu différemment selon notre age, notre type d’expatriation, le pays dans lequel nous vivons, et beaucoup d’autre facteurs. Vous vous en doutez tous, ce désavantage est être loin des gens que l’on aime, nos amis et plus particulièrement notre famille.

 

Expatriation en tant qu’étudiant

Quand on part jeune, on a plus d’insouciance je pense. C’est sûr que la famille manque, j’ai vécu l’expatriation à 17ans et les trois premiers mois sont les plus durs! Il ne nous tarde qu’une chose quand on est ado, c’est de partir de la maison, mais quand on est loin, il ne nous tarde qu’une chose c’est rentrer. Après s’être adapté à notre nouvelle vie, le manque se ressent un peu moins, il est juste moins présent dans nos pensées, même si notre famille nous manque sans arrêt. Je pense qu’on est tellement pris par nos études, nos sorties avec nos amis, et puis c’est presque comme si nous étions juste à l’autre bout de la France. En plus maintenant avec Skype, c’est simple de garder contact (ce n’était pas la même histoire quand je suis partie la première fois il y a 15 ans, mes parents ont eu une facture de téléphone sucrée!) et de voir sa famille souvent, comme si ils étaient dans notre salon. Quand on est étudiant surtout on sait que l’on est là que temporairement. On rentre souvent à Noël, l’été, donc on est loin de notre famille que pour une courte durée. On sait surtout que notre expatriation est temporaire, donc on profite à fond de notre vie à l’étranger et l’on sait que l’on les reverra vite.

 

L’expatriation à l’age adulte

Lorsque l’on part pour le travail, avec notre famille, que l’on se marie avec une personne de nationalité du pays où l’on vit, l’expatriation ne se vit pas de la même façon et le manque de la famille se ressent différemment. Les lois dans les pays où nous nous expatrions sont différentes, et comme nous le savons tous, l’Europe est un des continents où le nombre de jours de vacances est le plus élevé. Il est donc dur pour la plupart des expatriés de rentrer souvent en France. Pas simplement à cause du coût des billets d’avion mais surtout pour le temps que nous avons pour pouvoir le faire. Aux Etats-Unis, nous avons souvent seulement 15 jours par an, si on a la chance de pouvoir avoir des congés. Quand nous avons un conjoint qui n’est pas français, et qui n’est pas originaire de la région où nous vivons, il faut également partager notre temps libre entre les familles. Pour ma part, je n’avais pas pu rentrer pendant 3ans et demi, entre les demandes de différents visa qui m’empêchaient de sortir du territoire, puis les vacances inexistantes, repousser le retour peut devenir un problème récurrent.

En étant adulte, être loin de sa famille se traduit différemment. On aime notre vie à l’étranger, mais on est  plus conscient de ce manque et de cet éloignement. On manque des moments importants de la vie de notre famille, et on ne sait pas si nous pourrons être là pour les prochains. Surtout ne nous le cachons pas, plus nous vieillissons, plus nos proches vieillissent et nous ne pouvons pas être présents dans des moments difficiles.

 

La gestion des moments difficiles

On espère toujours pouvoir les éviter, mais malheureusement ils font parti de la vie. Ils sont dur à gérer lorsque nous vivons dans le même pays mais ils le sont encore plus lorsque nous sommes loins. Beaucoup d’entreprises offrent aux employés de pouvoir s’absenter pendant quelques jours en cas de problème familial, sans être payés, mais soyons réalistes. Lorsque nous avons 24h de voyage pour pouvoir rentrer en France, il est compliqué de rentrer pour  une seule journée, surtout que pour la plupart il est dur financièrement de ne pas être payé pendant plusieurs jours. Nous pouvons trouver des solutions, mais parfois il n’est pas possible de rentrer dans les moments durs auxquels notre famille est confrontée. Ces moments nous en parlons peu, on se comprends entre expatriés, mais on sent que les autres ont du mal à comprendre comment nous les vivons (je ne parle pas de nos parents par exemple à qui on ne se gène pas pour partager le fond de nos sentiments). Avoir du mal à réaliser, difficulté d’être loin et de ne pas se sentir assez présent pour sa famille, isolement total, et surtout la frustration du discours continuel des gens qui te disent, en cas de maladie grave, que tu as eu de la chance car tu as seulement les bons souvenirs et tu n’as pas eu à passer par les moments durs. Oui c’est vrai, mais je pense qu’on est tous d’accord sur ce point, qu’on aurait préféré vivre les moments durs et être entouré des siens en leur portant notre soutien en personne, même si ils savent que nous pensons fort à eux. Le deuil est une chose de très compliquée lorsque nous le vivons en personne, proche de notre famille, mais en étant loin, n’étant pas mis en face du problème, n’étant pas présents aux évènements succédant un décès, il est très compliqué de faire son deuil et surtout de réaliser la perte d’un proche.

 

Le manque de la famille est quelque chose pour laquelle nous sommes au courant quand nous partons vivre à l’étranger. Nous savons que ce manque sera présent, mais je pense que nous nous y préparons pas assez, nous essayons de l’oublier pour ne pas trop en souffrir, et malheureusement cela nous empêche d’être préparé au mieux. Malgré tous les avantages et les désavantages de l’expatriation, je pense que quelque soit le pays où l’on part, quelque soit les circonstances, nous avons tous un désavantage commun et omniprésent, le manque de la famille, et rien ne pourra nous l’enlever.

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